
Serviteur humble et authentique de la médecine, il incarne la simplicité, la pureté et la bienveillance quechua.
Homme-médecine, gardien de l’espace sacré des cérémonies et musicien au service du rituel.
Originaire de Cusco, au Pérou, et issu de la culture andine quechua, Nilton Santi vit dans la Vallée Sacrée des Incas depuis 1980. Il y a trouvé sa place, au cœur des montagnes sacrées, les Apus, considérées comme des divinités andines qui veillent sur les habitants de ce territoire chargé de mystère.
La médecine de la mère Ayahuasca est entrée dans sa vie à une période difficile, marquée par la confusion mentale et émotionnelle. Pris dans des schémas de pensées négatives, des addictions et un quotidien autodestructeur, il a pu, grâce à la force de cette médecine, reconnaître puis libérer des émotions refoulées, des traumatismes et des peurs. Ce chemin l’a conduit vers davantage d’acceptation de soi, une estime plus stable et l’abandon progressif de ses habitudes destructrices.
Son apprentissage a commencé auprès du maître péruvien Diego Palma, fondateur du temple La Pacha Maha à Pisaq. Il a ensuite poursuivi cette voie avec des maîtres shipibo de son pays, découvrant alors la profonde valeur des plantes maîtresses. De cette expérience est née une certitude : l’amour de soi représente la forme de guérison la plus juste.
Depuis qu’il a découvert les bienfaits et les pouvoirs de guérison des plantes sacrées offertes par Pachamama, son lien avec elles est devenu central, tout comme le partage de la médecine au sein des cérémonies. Il travaille avec l’Ayahuasca depuis 2012, période durant laquelle il a appris à guider et à accompagner d’autres personnes dans leurs processus de guérison. Il œuvre également avec le grand-père Huachuma, ou San Pedro, ainsi qu’avec le père Tabac, assumant au fil du temps différents rôles au service de la purification et du soutien des frères et sœurs présents en cérémonie.
La médecine a aussi ouvert en lui un espace d’expression musicale. Pour lui, la musique est un moyen d’atteindre le cœur des personnes, à condition d’être portée par l’amour et le respect. Elle invite à regarder en face les traumatismes, les frustrations et les peurs, tout en offrant du réconfort à travers des chants porteurs de messages d’amour. Son inspiration vient notamment des huaynos, musique des Andes, ainsi que des musiques traditionnelles, des ikaros et des chants de médecine interprétés dans différentes langues, avec divers instruments.
En parallèle de son rôle d’ayahuasquero, il est professeur d’école primaire dans le petit village de Lamay, à une heure de Cusco. Avec sa famille, il possède une maloca sur la montagne sacrée Mama Saywa. Dans cet espace, il partage la médecine avec des personnes venues de différents pays, tout en ayant à cœur d’accueillir particulièrement les habitants de sa région.
Le peuple quechua est originaire des régions andines du Pérou, de la Bolivie, de l’Équateur, de la Colombie et de l’Argentine. Avec plus de 12 millions de personnes, il constitue le plus grand groupe autochtone des Amériques. Sa langue, le quechua, est née au sein des populations natives du Pérou, et ses locuteurs se nomment eux-mêmes “runa”, c’est-à-dire “le peuple”.
Selon le ministère péruvien de la Culture, les identités quechuas comprennent notamment les Cañaris, Chankas, Chopccas, Huancas, Huaylas, Kana, ainsi que les plus connus Q’eros. Leur héritage remonte à l’Empire inca, où ils occupaient une place essentielle comme cultivateurs, tisserands et bâtisseurs.
Leur agriculture est intimement liée à la spiritualité et au respect profond de la nature. Elle repose sur une connaissance fine de la terre et de ses cycles, avec des cultures comme la pomme de terre, le maïs, le quinoa et le blé. Les Quechuas ont également perfectionné l’art des terrasses, transformant les pentes abruptes des Andes en terres productives, capables de conserver l’eau et de limiter l’érosion.
Leur vie spirituelle reste fortement ancrée dans la cosmovision andine. Les rituels dédiés à Pachamama et aux Apus y occupent toujours une place importante, souvent en lien avec les fêtes chrétiennes. Dans cette vision du monde, tout est sacré et relié : la terre, le ciel, le monde souterrain, les animaux symboliques comme le condor, le puma et le serpent, ainsi que les principes d’ayni, de réciprocité et d’entraide.
Les Quechuas sont aussi de grands tisserands, transmettant de génération en génération un savoir qui unit histoire, spiritualité et nature. Enfin, leur tradition accorde une place importante aux plantes de médecine, dont l’Ayahuasca, Huachuma, la coca et le Mapacho, utilisées pour la guérison, la protection et le lien avec le sacré.