
Il dit souvent que cette voie est née d’un besoin profond, bien plus que d’une idée théorique. Son engagement s’enracine dans une expérience vécue, et non dans un simple apprentissage académique ou dans un effet de mode. Son parcours est avant tout celui de la guérison, et le psilocybine en a été un élément essentiel depuis sa première expérience psychédélique, dans les contreforts des montagnes de Dublin, il y a près de 30 ans.
En 2024, il peut revenir avec recul sur son travail de thérapeute et de guide accompagné par psychédéliques au sein de l’Inwardbound Institute, aux Pays-Bas, entre 2018 et 2023. Durant cette période, il a accompagné personnellement plus de 700 personnes à travers leurs expériences psychédéliques, depuis la préparation jusqu’au déroulement de la retraite, puis dans l’intégration après la retraite.
Avec l’évolution du travail, l’équipe s’est élargie pour réunir psychothérapeutes, psychologues, psychiatres et thérapeutes holistiques. Au départ, cependant, il assumait une grande part de la responsabilité du soutien psychologique des participants. Cette période fut exigeante, sur le plan humain comme professionnel, mais elle a renforcé sa conviction dans le potentiel de guérison des psychédéliques et, en particulier, dans la capacité du psilocybine à reconnecter chacun à soi-même, aux autres et au monde naturel.
Né en 1978, il a grandi à la périphérie de Dublin, en Irlande, à Knocklyon, là où la ville cède la place aux champs et aux montagnes de Dublin. Très tôt, il s’est senti en marge, davantage attiré par les bords que par le centre. Dès qu’il a pu rouler en BMX, il a passé ses journées à explorer les lotissements, les berges et les terrains ouverts, repoussant toujours plus loin les frontières de l’inconnu.
Lecteur insatiable, il était fasciné par la mythologie, les contes et les récits anciens de l’Irlande. Les héros, dieux et déesses des traditions irlandaises lui parlaient d’une manière que le décor gris des banlieues n’a jamais vraiment su égaler. Ayant grandi près de la rivière Dodder, il la suivait jusqu’à sa source dans les montagnes, où il trouvait une forme de magie et d’appartenance dans des lieux comme Glenn na Smól, la Vallée des Grives.
À côté de cette sensibilité imaginative et de son goût pour l’extérieur, il était aussi profondément académique et introspectif. Entre 8 et 12 ans, durant une période familiale difficile, il s’est réfugié dans les livres et s’est tourné avec intensité vers l’intériorité. Plus tard, vers 12 ou 13 ans, il a découvert le kayak en eaux vives, qui est devenu une passion pendant près de vingt ans. Il a beaucoup voyagé, travaillé sur le fleuve Zambèze en Afrique, représenté l’Irlande en kayak extrême, réalisé des premières descentes en Norvège et en Iran, et dirigé des expéditions en haute altitude, notamment au Kilimandjaro, au Pérou et dans l’Himalaya.
Pour financer ses voyages, il a également enseigné la gestion des aventures en plein air à Dublin pendant plus de dix ans, auprès de jeunes adultes et d’adolescents, dans des contextes exigeants. Cette expérience lui a appris la prise de risque, le leadership, la résilience, la peur et le comportement humain sous pression — autant d’enseignements qui nourrissent encore sa pratique aujourd’hui.
L’une des formations les plus marquantes qu’il ait suivies fut un parcours d’un an en facilitation à Sport Coaching Ireland, avec Liam Moggin. Un principe fondamental issu de cette formation l’accompagne toujours : il ne s’agit jamais du facilitateur. Il s’agit toujours des personnes que l’on sert.
Ce même principe guide son approche de la thérapie assistée par psychédéliques. Avec le temps, son rapport au travail en nature est passé de l’action à la présence, et ses années passées sur les rivières et les montagnes sont devenues, en quelque sorte, une forme de thérapie personnelle. Il a alors mieux compris ses propres blessures non résolues, notamment l’impact d’un environnement familial chaotique et d’un traumatisme irlandais hérité, marqué par le colonialisme, l’impuissance, les abus et l’addiction.
Il n’est pas arrivé là par ambition de carrière. Il y est venu par nécessité. Il a commencé à travailler avec le psilocybine pour se guérir lui-même, puis a appris à accompagner d’autres personnes sur leur chemin de guérison. Sa formation en psychothérapie au Turning Point Training Institute en Irlande, suivie de plus de huit ans de travail d’accréditation auprès de l’Irish Association of Counselling and Psychotherapy, lui a apporté une base clinique solide.
En parallèle, il s’est formé pendant plus de dix ans à l’Irish Center for Transpersonal and Shamanic Studies auprès de Martin Duffy, qu’il considère comme l’un de ses grands enseignants et mentors. La lignée de Martin Duffy inclut notamment les travaux de Stan Grof, du Dr Ivor Browne et de Michael Harner, et son accompagnement a profondément influencé sa pratique. Il a également eu le privilège de connaître personnellement le Dr Ivor Browne et de participer à son groupe de méditation à Dublin.
Sa relation avec le psilocybine a commencé il y a près de 30 ans, lorsqu’il avait environ 17 ans et qu’il est allé avec des amis dans les contreforts des montagnes de Dublin, à Glen na Smól, pour cueillir des liberty caps, psilocybin semilanceata. Quelques jours plus tard, il a accidentellement pris une dose très importante — plusieurs centaines de champignons — pendant Halloween, bien avant Internet et toute réelle compréhension du dosage ou du set and setting.
Ce qui a suivi fut une expérience d’une profondeur bouleversante, qui l’a transformé entièrement. Il s’est senti relié à l’univers, a vu les étoiles en trois dimensions et a perçu la terre, les arbres et les bois autour de chez lui d’une manière nouvelle. Le lendemain, il s’est réveillé en sachant qu’il ne serait plus jamais le même.